170928ENSSER
le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale publie sa position sur les nouvelles techniques de modification génétique.

 

D’après le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER), les produits obtenus à l’aide des nouveaux outils de génie génétique sont des organismes génétiquement modifiés ; en tant que tels, ils doivent être soumis à une réglementation stricte. L'expression « nouvelles techniques de sélection végétale » utilisée par les partisans de ces méthodes est trompeuse, écrit l'ENSSER dans une déclaration publiée à Bruxelles. Les conséquences de ces nouvelles techniques ne sont pas contrôlables, d’où la nécessité d’une évaluation approfondie des risques, menée par des experts scientifiques indépendants. Une réglementation est indispensable, constatent les 60 premiers signataires dans leur analyse détaillée. Prétendre qu’une réglementation est superflue est malhonnête et représente un risque inacceptable pour la santé publique, l'environnement et le commerce.

Les études scientifiques montrent que des techniques comme CRISPR/CAS peuvent avoir des effets imprévus et involontaires. En affirmant que du fait de leur plus grande précision, elles n’induisent que des effets voulus et prévus sur les nouvelles plantes qu’elles génèrent, les partisans des nouvelles techniques nous mentent, écrit encore l’ENSSER.

Ricarda Steinbrecher, généticienne moléculaire, biologiste du développement et membre du comité de l’ENSSER, est catégorique : « Les modifications involontaires du génome sont fréquentes lorsqu’on recourt à ces techniques. » Dans le cas des plantes alimentaires produites à l’aide des nouveaux outils, de tels effets involontaires pourraient entraîner l’apparition de toxines ou d’allergènes, dit-elle encore. C’est pourquoi il faut soumettre les produits issus de ces technologies à une réglementation au moins aussi stricte que les produits obtenus avec les procédés de génie génétique plus anciens.

Angelika Hilbeck, de l'Institut de biologie intégrative de l'EPFZ et membre du comité de l'ENSSER, relève que si les plantes obtenues grâce aux nouveaux procédés échappaient à la catégorisation comme OGM et à la réglementation afférente, elles passeraient également outre un certain nombre de contraintes telles le contrôle par les autorités, l’étiquetage ou la traçabilité. Il incomberait par contre à la collectivité de supporter les risques - sans mesures de surveillance ou de protection adéquates.

Michael Antoniou, membre du King's College de Londres, explique que dans son domaine, à savoir celui de la recherche médicale basée sur les gènes, l’édition génomique est considérée comme une modification génétique ; personne ne conteste la nécessité d’une réglementation, tant au regard de la sécurité que de l’efficacité. Il doit en aller de même pour les applications dans le secteur agricole.