(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Après les plantes, l’UE prévoit d’assouplir la réglementation sur les micro-organismes génétiquement modifiés

En décembre 2025, la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne a pré­sen­té un pro­jet de loi qui assou­pl­i­rait con­sidé­ra­blem­ent les règles de pro­tec­tion actu­el­les appli­ca­bles aux micro-orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és (MGM). Les bac­té­ries et aut­res micro-orga­nis­mes modi­fi­és à l’ai­de des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique (NTGG) pour­rai­ent à l’a­ve­nir être dis­sé­mi­nés dans l’en­vi­ron­ne­ment plus rapi­de­ment et sous des con­di­ti­ons moins stric­tes – par exemp­le sous for­me d’eng­rais, de pro­duits phy­to­sa­ni­taires ou d’ad­di­tifs ali­men­tai­res desti­nés à rédui­re les émis­si­ons de métha­ne chez les rumi­nants. Aux États-Unis, ces bac­té­ries sont déjà pul­vé­ri­sées sur les champs. L’ob­jec­tif du pro­jet est de rédui­re les obs­ta­cles bureau­cra­ti­ques – les obli­ga­ti­ons actu­el­les en matiè­re d’éva­lua­ti­on et de con­trô­le serai­ent ain­si lar­ge­ment sup­p­ri­mées.

 

Dis­sé­mi­na­ti­on faci­li­tée et nou­vel­les caté­go­ries

Jusqu’à pré­sent, la dis­sé­mi­na­ti­on de MGM dans l’environnement était con­sidé­rée com­me trop ris­quée, car ils peu­vent rapi­de­ment éch­an­ger leur patri­moi­ne géné­tique ent­re eux et ne peu­vent être récup­é­rés en cas de pro­blè­me. C’est pour­quoi ils n’étaient uti­li­sés que dans des systè­mes fer­més (fer­men­teurs) – même si, dans ce cas, . Le pro­jet pré­voit tou­te­fois de clas­ser cer­ta­ins micro-orga­nis­mes com­me « à fai­ble ris­que ». Pour cela, il suf­fit que l’e­spè­ce de l’or­ga­nis­me soit bien décri­te sci­en­ti­fi­quement, qu’el­le ne con­ti­en­ne pas de gènes pré­oc­cu­pants tels que des gènes de rési­stance aux anti­bio­ti­ques et qu’el­le soit clas­sée com­me « pro­ba­blem­ent sûre » par l’Au­to­ri­té euro­pé­en­ne de sécu­ri­té des ali­ments (EFSA) ( Sta­tut QPS ). Le QPS est une pro­cé­du­re visa­nt à sim­pli­fier l’éva­lua­ti­on de la sécu­ri­té, uti­li­sée jus­qu’à pré­sent dans la pro­duc­tion ali­men­tai­re. La liste QPS est con­stam­ment enri­chie et com­prend actu­el­le­ment plus de 120 micro-orga­nis­mes, ce qui repré­sen­te un nombre très important. Pour ceux-ci, la Com­mis­si­on peut défi­nir elle-même les exi­gen­ces rela­ti­ves aux docu­ments à four­nir et à l’éva­lua­ti­on des ris­ques. Il est pos­si­ble de renon­cer à la sur­veil­lan­ce a poste­rio­ri si le deman­deur le sou­hai­te.

Pour ces orga­nis­mes, les pro­cé­du­res d’au­to­ri­sa­ti­on dev­rai­ent être sim­pli­fi­ées et les obli­ga­ti­ons de tra­ça­bi­li­té par­ti­el­le­ment levées. De plus, les auto­ri­sa­ti­ons accor­dées pour­rai­ent être val­ables pour une durée illi­mi­tée, de sor­te que les micro-orga­nis­mes pour­rai­ent rester dans les sols et les éco­sy­stè­mes pen­dant de nombreu­ses années. Ces modi­fi­ca­ti­ons affai­bl­i­rai­ent con­sidé­ra­blem­ent les nor­mes de pro­tec­tion actu­el­les de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne 2001/18 sur la dis­sé­mi­na­ti­on. Cel­le-ci exi­ge une éva­lua­ti­on des ris­ques et un éti­que­ta­ge, et l’au­to­ri­sa­ti­on est limi­tée dans le temps. L’as­sou­plis­se­ment pré­vu ren­drait éga­le­ment le con­trô­le par les auto­ri­tés beau­coup plus dif­fi­ci­le.

Exemp­les et ris­ques

La bac­té­rie du sol Kleb­si­el­la vari­ico­la, qui fixe l’a­zo­te de l’air, con­sti­tue un exemp­le con­cret de la déré­gle­men­ta­ti­on envi­sa­gée. Grâ­ce au génie géné­tique, elle est désor­mais cen­sée libé­rer une par­tie de cet azo­te sous for­me d’am­mo­ni­um pour les plan­tes, rédui­sant ain­si l’uti­li­sa­ti­on d’eng­rais chi­mi­ques. Même si la Kleb­si­el­la géné­ti­quement modi­fi­ée est con­sidé­rée com­me inof­fen­si­ve aux États-Unis ou au Bré­sil, des ris­ques con­sidé­ra­bles sub­si­stent : Ces bac­té­ries peu­vent acquérir les pro­prié­tés de leurs cou­si­nes patho­gè­nes – com­me l’agent patho­gè­ne haute­ment infec­ti­eux Kleb­si­el­la pneu­mo­niae – ou trans­mett­re leurs gènes à d’autres micro-orga­nis­mes par trans­fert géné­tique hori­zon­tal . Les con­sé­quen­ces à long ter­me pour l’écologie des sols, les plan­tes, les ani­maux et l’ensemble de l’écosystème ont jusqu’à pré­sent été très peu étu­diées.

De plus, la clas­si­fi­ca­ti­on de l’EF­SA ne cou­vre pas tous les aspects liés aux ris­ques : elle ne tient pas comp­te, par exemp­le, des ris­ques liés à la mani­pu­la­ti­on, tels que le cont­act cuta­né, l’in­ha­la­ti­on ou l’in­ge­sti­on, ni des éven­tu­el­les réac­tions all­er­gi­ques. Les ris­ques envi­ron­ne­men­taux liés aux OGM, notam­ment lorsqu’ils sont uti­li­sés com­me pro­duits phy­to­sa­ni­taires, ne sont pas du tout éva­lués.

Kleb­si­el­la vari­ico­la n’a cer­tes pas enco­re le sta­tut QPS, mais cela ne dev­rait pas tar­der. En effet, selon une étu­de de l’EF­SA, la bac­té­rie serait inof­fen­si­ve dans les cul­tures céré­a­liè­res – un trans­fert dans la chaî­ne ali­men­tai­re humaine et ani­ma­le serait nég­li­geable.

Cri­ti­ques et con­sé­quen­ces

Les experts met­tent en gar­de cont­re le fait que ce pro­jet por­te att­ein­te au prin­ci­pe de pré­cau­ti­on et à la trans­pa­rence. Les mesu­res jusqu’ici requi­ses, tel­les qu’une éva­lua­ti­on minu­ti­eu­se des ris­ques, la sur­veil­lan­ce et l’étiquetage des micro-orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és, dev­rai­ent être for­te­ment rédui­tes ou deve­nir facul­ta­ti­ves. De plus, de nombreux détails de la régle­men­ta­ti­on ne seront fixés qu’ultérieurement dans ce qu’on appel­le des actes délé­gués, ce qui limi­te le con­trô­le par­le­men­tai­re. Sans obli­ga­ti­ons suf­fi­san­tes en matiè­re de docu­men­ta­ti­on et de con­trô­le, il sera pra­ti­quement impos­si­ble de savoir quels micro-orga­nis­mes sont effec­ti­ve­ment dis­sé­mi­nés dans les sols. Le dan­ger pour l’environnement est bien plus grand que dans le cas des plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées, ont aver­ti des experts de l’Agence fédé­ra­le autri­chi­en­ne pour l’environnement et de l’Office fédé­ral alle­mand pour la pro­tec­tion de la natu­re dans une étu­de publiée en mars 2025.

Per­spec­ti­ves

L’am­pleur de la sim­pli­fi­ca­ti­on des exi­gen­ces reste à déter­mi­ner – la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne ne four­ni­ra les docu­ments rela­tifs à l’éva­lua­ti­on des ris­ques allé­gée que dans des actes délé­gués. Le pro­jet sera tou­te­fois d’a­bord ren­voyé au Par­le­ment euro­pé­en et au Con­seil des mini­stres de l’UE pour qu’u­ne posi­ti­on com­mu­ne soit trou­vée. La Com­mis­si­on insi­ste­ra pour que les déli­bé­ra­ti­ons soi­ent rapi­des. Son argu­ment : la pro­mo­ti­on de l’in­no­va­ti­on et la com­pé­ti­ti­vi­té de l’in­du­strie des OGM. C’est pour­quoi elle renon­ce même à une ana­ly­se d’im­pact sur les con­sé­quen­ces pos­si­bles de la pro­po­si­ti­on de loi. À la place, seu­le une ana­ly­se coûts-béné­fices dev­rait suf­fi­re. Pour l’Al­li­ance suis­se pour une agri­cul­tu­re sans OGM, cela est inac­cep­ta­ble. Une tel­le déré­gle­men­ta­ti­on com­por­te des ris­ques con­sidé­ra­bles pour les éco­sy­stè­mes, pour l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM et pour la san­té. De plus, il ne serait pas pos­si­ble de garan­tir la liber­té de choix.

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