Régulation sur le nouveau génie génétique: Notre Position
En collaboration avec une large alliance d'une soixantaine d'organisations de soutien, le ASGG indique dans une prise de position les lignes rouges à ne pas franchir.

Vote serré : division au sein des membres de l'UICN. (Image : UICN/Marcus Rose/Workers Photos)
IUCN/Marcus Rose/Workers Photos
IUCN/Marcus Rose/Workers PhoIUCN/Marcus Rose/Workers PhIUCN/Marcus Rose/Workers Photos
En octobre 2025, lors de son huitième congrès à Abu Dhabi, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), principale organisation mondiale dans le domaine de la conservation, a rejeté une demande de moratoire mondial sur la dissémination d’organismes sauvages génétiquement modifiés. Cette décision est intervenue malgré l’absence de bases scientifiques solides et de cadres réglementaires efficaces garantissant la sécurité de telles pratiques, et alors que de nombreuses organisations internationales réclament depuis des années un moratoire fondé sur le principe de précaution. La perspective de dissémination d’organismes issus du forçage génétique (« gene drive »), une technologie capable de se propager rapidement dans des populations sauvages, suscite des inquiétudes particulières.
Modifier notre environnement grâce à la biologie synthétique : un risque environnemental. Photo:Clipdealer
Le rapport « Frontiers 18/19 » des Nations Unies a identifié six nouveaux défis environnementaux majeurs. Il s’agit des applications de la biologie synthétique, du mitage du territoire, de la fonte du pergélisol, de la pollution due à l’azote et du changement climatique. Ce rapport reconnaît que les applications de la biologie synthétique vont au-delà de la manipulation des microbes en laboratoire. L’utilisation ce cette technologie conduit à la propagation d'espèces génétiquement modifiées au-delà des frontières internationales et à la transformation permanente d'espèces sauvages. Il souligne que « la dissémination intentionnelle ou accidentelle d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement pourrait avoir des effets négatifs importants sur la santé humaine et environnementale. »
Image: /commons.wikimedia.org
La Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique (CFSB) a publié un rapport sur les critères d'évaluation des applications de la biologie synthétique en fonction des risques. L'un des défis pour les activités dans le domaine de la biologie synthétique est leur réglementation, écrit la Commission, qui recommande une évaluation spécifique des risques selon trois axes : la protection humaine, animale et environnementale.

Bricolage génétique de bactéries à côté de la cuisinière.. Image: YouTube
De nouvelles techniques de génie génétique ont rendu la modification de notre ADN tellement accessible que des bricoleurs du vivant ont entrepris de se transformer eux-mêmes génétiquement. Deux de ces pirates du vivant (« biohackers »), Josiah Zayner et Aaron Traywick, se sont injectés publiquement les outils moléculaires permettant de modifier leur ADN, sans validation préalable des autorités sanitaires. Aaron Traywick a été retrouvé mort à l'intérieur d'un caisson d’isolation sensorielle - une sorte de cocon clos fermé et isolé phoniquement dans lequel on flotte dans un bain d’eau salée. Les causes de sa mort sont encore inconnues.