Le Conseil des États approuve la prolongation du moratoire pour cinq années supplémentaires. Un succès qui laisse un goût amer, car le Conseil fédéral souhaite autoriser le plus rapidement possible les OGM par des moyens détournés. Une « loi sur les techniques de sélection » est actuellement en consultation. L’Alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique dénonce cette loi comme une supercherie visant à imposer les OGM aux consommateurs. Il n’est donc pas question de se reposer sur ses lauriers.
Le Conseil des États a approuvé aujourd’hui la recommandation de la commission concernant l’initiative parlementaire 24.443 « Prolongation du moratoire actuel sur le génie génétique ». Une prolongation de 5 ans supplémentaires est donc assurée. Au vu de cette décision claire, on peut supposer que le résultat sera confirmé lors du vote final. Mais le projet du Conseil fédéral d’autoriser le génie génétique est déjà dans les starting-blocks. L’Alliance suisse sans OGM salue donc la prolongation du moratoire, mais rejette le projet du Conseil fédéral d’autoriser le génie génétique par des moyens détournés.
Martina Munz, présidente du SAG, déclare : « La prolongation du moratoire sur le génie génétique pour cinq années supplémentaires est un succès qui laisse un goût amer, car le Conseil fédéral souhaite exclure dès que possible les nouvelles techniques de génie génétique du moratoire. » Il ne faut donc en aucun cas se reposer sur ses lauriers, car la consultation sur la loi spéciale sur le génie génétique est en cours depuis début avril.
Une tromperie sans fondement
Si le Conseil fédéral avait son mot à dire, on trouverait bientôt dans les rayons des denrées alimentaires étiquetées « issues de nouvelles techniques de sélection ». Les consommateurs ne seraient donc pas informés de la nature génétiquement modifiée de ces produits. Leur liberté de choix serait considérablement restreinte et leur confiance abusée.
« La liberté de choix des consommateurs doit être préservée. Si un produit contient des OGM, cela doit être indiqué sur l’étiquette », explique Martina Munz.
Adieu, stratégie suisse en matière de qualité ?
Sans dispositions fondamentales sur la manière dont l’agriculture avec et sans OGM doit coexister, la stratégie de qualité de l’agriculture suisse est menacée. Actuellement, la proposition de loi est insuffisante. « Depuis des décennies, la qualité suisse est synonyme d’absence d’OGM. Cela a fait ses preuves non seulement en Suisse, mais aussi à l’étranger. Le Conseil fédéral met en péril cette caractéristique unique », met en garde Claudia Vaderna, directrice générale de la SAG.
La demande en aliments sans OGM ne cesse de croître. Les consommateurs veulent savoir ce qu’ils ont dans leur assiette. De plus, il n’existe aucune variété sur le marché qui serait utile à l’agriculture suisse.
« La prolongation du moratoire est une décision raisonnable qui évite l’insécurité juridique. Néanmoins, nous ne devons pas nous bercer d’une fausse sécurité », souligne Zsofia Hock, collaboratrice scientifique de la SAG.