oplus_256

Des cher­cheurs chi­nois et austra­li­ens ont mis au point, à l’ai­de de nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique (NTG), une toma­te qui déga­ge un par­fum de pop-corn. L’ob­jec­tif : ren­forcer l’at­trait du pro­duit pour aug­men­ter les ven­tes. Cela a per­mis de cré­er un nou­veau pro­duit life­style desti­né à une cli­entèle aisée, sans véri­ta­ble valeur ajou­tée pour l’ag­ri­cul­tu­re. De tel­les stra­té­gies visent avant tout à favo­ri­ser l’ac­cep­t­ati­on socia­le des OGM. Les pro­blè­mes cen­traux de l’ag­ri­cul­tu­re, tels que la dura­bi­li­té ou la sécu­ri­té ali­men­tai­re, sont ain­si lais­sés de côté.

Pour­quoi pré­cis­é­ment un par­fum de pop-corn ? Der­riè­re ce pré­ten­du pro­grès se cache un pur stra­ta­gè­me mar­ke­ting. Pour déve­lo­p­per cet­te toma­te, les cher­cheurs se sont inspi­rés du riz par­fu­mé thaï­lan­dais et du riz bas­ma­ti indi­en. Ces deux varié­tés de riz ont en com­mun un par­fum rap­pelant celui du pop-corn, ce qui con­tri­bue lar­ge­ment à ce qu’elles puis­sent être ven­dues à un prix net­te­ment plus éle­vé que le riz con­ven­ti­on­nel. Les cher­cheurs espè­rent obte­nir le même résul­tat avec cet­te nou­vel­le toma­te : un nou­veau pro­duit ten­dance qui se ven­dra plus cher – c’est d’ailleurs pour cet­te rai­son qu’une ent­re­pri­se chi­noi­se de semen­ces a déjà par­ti­ci­pé aux travaux de recher­che.

L’a­stuce bio­tech­no­lo­gi­que. La sub­stance odo­ran­te qui con­fè­re au riz son arô­me par­ti­cu­lier s’appelle la 2‑a­cé­tyl-1-pyr­ro­li­ne (2‑AP) et est pro­duite par de nombreu­ses plan­tes, dont les toma­tes. Pour­quoi les toma­tes clas­si­ques ne sen­tent-elles pas le pop-corn ? La responsa­bi­li­té en incom­be à une enzy­me qui dégra­de le pré­cur­seur de la sub­stance odo­ran­te et en sup­p­rime ain­si l’odeur. Le plan de cons­truc­tion de cet­te enzy­me est four­ni par le gène dit BADH2. C’est pré­cis­é­ment ce gène que les cher­cheurs ont désor­mais désac­ti­vé à l’ai­de de CRISPR/Cas, et ce à dou­ble tit­re, car il exi­ste en deux vari­an­tes dans les toma­tes. En con­sé­quence, la sub­stance odo­ran­te a pu s’ac­cu­mu­ler dans la plan­te, y com­pris dans les fruits, à un point tel que ceux-ci sen­tent le pop-corn.

Les toma­tes ne sont pas les pre­miè­res plan­tes à avoir été modi­fi­ées dans ce but : le gène BADH2 a déjà fait l’ob­jet de plu­sieurs inter­ven­ti­ons géné­ti­ques. Des grai­nes de soja et de maïs géné­ti­quement modi­fi­ées et par­fu­mées ont ain­si déjà été pro­dui­tes aupa­ra­vant. Cet­te carac­té­ri­stique n’est pas non plus pré­sen­te natu­rel­le­ment dans la toma­te, com­me l’a con­fir­mé une étu­de portant sur plus de 700 varié­tés.

Une déré­gle­men­ta­ti­on sci­en­ti­fi­quement indé­fen­da­ble. Ce cas illu­stre à quel point la déré­gle­men­ta­ti­on pré­vue des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique dans l’UE est con­tra­dic­toire et sci­en­ti­fi­quement indé­fen­da­ble. Selon le pro­jet de règle­ment actuel, qui fera en mai pro­chain l’objet d’un vote final, des plan­tes tel­les que la « toma­te pop-corn » serai­ent clas­sées com­me équi­va­len­tes aux varié­tés issues de la sélec­tion clas­si­que car moins de 20 modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques de moins de 20 nuclé­o­ti­des (les lett­re de l’ADN) et aucu­ne inser­ti­on de gènes étran­gers à l’e­spè­ce ont été effec­tuées. Cela impli­que aus­si qu’aucune éva­lua­ti­on com­plè­te des ris­ques pour la san­té et l’en­vi­ron­ne­ment ne sera deman­dée.

Les cher­cheurs eux-mêmes don­nent cer­tes le feu vert : l’intervention n’aurait pas d’effet néfa­ste sur la plan­te – la crois­sance, la teneur en sucre et en aci­de de la toma­te resterai­ent inchan­gées. Mais des étu­des appro­fon­dies, par exemp­le sur d’éventuels effets aller­gè­nes ou les con­sé­quen­ces à long ter­me pour l’écosystème, font jusqu’à pré­sent tota­le­ment défaut. De nombreu­ses con­sé­quen­ces ne se mani­fe­stent qu’à long ter­me.

Un coup por­té à la liber­té de choix. Si la « toma­te pop-corn » s’im­po­se en Chi­ne, son arri­vée en Euro­pe serait iné­vi­ta­ble. Aujour­d’hui déjà, plus d’un tiers de la récol­te mon­dia­le de toma­tes est pro­duite en Chi­ne. Une part con­sidé­ra­ble de cet­te pro­duc­tion est expor­tée, notam­ment vers l’Europe, où les toma­tes sont par exemp­le trans­for­mées en Ita­lie puis ven­dues en Alle­ma­gne – sou­vent sans indi­ca­ti­on clai­re de leur ori­gi­ne. Si l’UE déré­gle­men­tait les NTG com­me pré­vu, il ne serait plus pos­si­ble à l’avenir de savoir si ces toma­tes impor­tées ont été géné­ti­quement modi­fi­ées. Ce serait un coup dur pour la liber­té de choix.

Articles actuels sur le sujet

Nouvelles technologies génétiques : toujours pas de révolution dans les champs

Les plantes Bt favorisent la prolifération des insectes ravageurs

Après les plantes, l’UE prévoit d’assouplir la réglementation sur les micro-organismes génétiquement modifiés

Risques florissants – Le génie génétique menace les écosystèmes

Je participe :

Les semences et les denrées alimentaires issues des nouvelles techniques génétiques pourraient bientôt être commercialisées sans étiquetage ni évaluation des risques. Qu'en pensez-vous ?

Afin de savoir ce qui se retrouve dans nos assiettes, nous recueillons des avis issus de la pratique.

Voici comment procéder :

  1. Téléchargez le questionnaire correspondant.
  2. Répondez à 1 à 3 questions.
  3. Envoyez-nous vos réponses, le nom de votre entreprise et une photo haute résolution par e-mail à info@stopogm.ch

Petit sondage destiné aux acteurs des secteurs suivants :

Vous pouvez également demander les questions sous forme de document Word : info@stopogm.ch

Nous publierons votre contribution sur notre page de campagne et la partagerons sur les réseaux sociaux. Aidez-nous à garantir la transparence, la liberté de choix et la durabilité ! Merci pour votre soutien.

Des questions ?

Envoyez un e-mail à info@stopogm.ch

Veranstaltung:

Zürich isst! Sichern Sie sich Ihr Ticket für unsere Filmvorführungen mit anschliessenden Podien!

Im September 2015 steht ganz Zürich im Zeichen von Ernährung, Umwelt und Genuss. «Zürich isst» bietet der Bevölkerung mit vielfältigen Veranstaltungen die Gelegenheit, sich mit Fragen einer nachhaltigen Ernährung auseinanderzusetzen. Zum Programm: www.zuerich-isst.ch. DIE ZUKUNFT PFLANZEN – BIO FÜR 9 MILLIARDEN       
23. September 2015, 18 bis 21.30, Riffraff Kino Zürich